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Le coût des infections d’origine alimentaire aux Etats-Unis


   Selon une étude, Health-Related Costs from Foodborne Illness in the United States, les maladies d’origine alimentaire aux Etats-Unis coûtent 152 milliards de dollars (111,2 milliards d’euros) par an. Le Produce Safety Project de l’Université de Georgetown (Le Pew Charitable Trusts à Georgetown, Université de Washington, DC) souhaite voir mettre en œuvre par la FDA de règles obligatoires et des normes de sécurité applicables aux produits frais américains et importés, de la fourche à la fourchette.

   Une nouvelle estimation du poids annuel des maladies d’origine alimentaire aux États-Unis évalue le coût à 152 milliards de dollars, soit un montant bien supérieur aux estimations précédentes, mais que l’auteur du rapport espère que cela stimulera l’action des décideurs.

   Une précédente estimation de l’USDA du coût économique des maladies d’origine alimentaire était de 6,9 milliards de dollars par an. Cependant, l’auteur du rapport, Robert L. Scharff, professeur de Science de la consommation à l’Université d’Etat de l’Ohio, a déclaré que l’estimation précédente ne couvrait que les cinq agents pathogènes et non pas les facteurs comme la douleur et la souffrance de ceux atteints par ces maladies.

   Scharff a déclaré dans un communiqué de la Fondation Pew, « Cette étude pose le problème des maladies d’origine alimentaire dans une juste perspective et devrait contribuer à faciliter les mesures raisonnables visant à atténuer ce problème ». Le rapport utilise l’approche coût estimation de la FDA n, qui calcule les frais médicaux (services médicaux, produits pharmaceutiques, et hospitalisation) et les pertes dans la qualité de la vie (perte de l’espérance de vie, douleur et souffrance et incapacité fonctionnelle). En utilisant les données des Centers for Disease Control and Prevention, Scharff a estimé le coût des produits associés à des maladies d’origine alimentaire à près de 39 milliards de dollars chaque année.

   En estimant le coût de la maladie par patient pour chaque agent pathogène, Vibrio vulnificus est le plus élevé avec plus de 3 millions de dollars par cas, tandis que Bacillus cereus a le coût le plus faible avec 226 dollars par cas. En termes de coûts pour les contribuables américains, les infectionsà Campylobacter et à Salmonella non typhoïde étaient les deux maladies les plus chères, avec des coût annuels respectifs de près de 19 millions de dollars et 15 millions de dollars.

   Bill Marler, interrogé par CIDRAP News, a estimé que cette nouvelle analyse des coûts avait fait un bon travail pour la santé et pour tous ceux qui souffrent de lésions corporelles liées à des éclosions de maladie d’origine alimentaire. Mais a t’il ajouté, les responsables et les législateurs en sécurité des aliments devraient réaliser l’énormité des pertes des entreprises dans le sillage de telles éclosions. Il a dit qu’à son avis, le coût des maladies est relativement faible en comparaison avec les dommages et intérêts financiers qu’encourent les entreprises et les industries alimentaires. Il a estimé que les dommages économiques pour les entreprises est de huit à dix fois supérieurs aux coûts des maladies individuelles, ajoutant que le nombre serait alors « massivement sidérant ».

   Cette avalanche de chiffres fait sourire Ben Chapman du barblog dans « From the mine is bigger than yours file: How much does foodborne illness cost? » ou Mon estimation est grosse que la votre : Combien coûte les maladies d’origine alimentaire ?
Pour lui, le poids sociétal de ces maladies est estimé à 1,4 billions de dollars (un billion représente mille milliards -aa). Les statistiques qu’il utilise proviennent de diverses sources, notamment de USDA Economic Research Service, WHO, CDC et les services de santé au Canada et en Australie.

   L’estimation du nouveau rapport représente une réduction de près d’un facteur 10 des coûts estimés depuis 2007 (Ben Chapman ne pense pas que c’est ce qui était prévu). Tanya Roberts a publié un article en 2007 estimant le coût des maladies d’origine alimentaire à partir du willing-to-pay (ou WTP, concept désignant la somme qu’un consommateur donné est prêt à payer pour obtenir un bien ou un service donné -aa) à 1,4 billions de dollars. Selon Roberts, la VTP est entériné dans la littérature comme la méthode d’évaluation la plus cohérente avec la théorie économique et son calcul comprenait les soixante seize millions de cas aigus de maladies d’origine alimentaire. Quoi qu’il en soit semble dire Ben Chapman, les statistiques sont bien gentilles, mais en réalité elles ne retiennent pas l’attention des opérateurs alimentaires. Plus convaincant est quand le coût réel des maladies d’origine alimentaire est associé avec des individus et des familles de ceux qui ont été touchés par elles.

   Une conclusion est que les chiffres, c’est très bien, mais ce n’est pas avec cela qu’on obtient justice.

 

Source: http://amgar.blog.processalimentaire.com/